Pertes en eau sur le réseau de distribution : projet de recherche à Gradignan
La Régie de L’Eau Bordeaux Métropole entend maîtriser ses prélèvements dans la ressource afin d’en assurer la pérennité. La diminution du volume de pertes sur le réseau, en particulier de distribution, est un des leviers majeurs pour y parvenir, au même titre que la sobriété des usages.
Les enjeux
Les grandes familles d’actions pour réduire les pertes sont connues : gestion des pressions, surveillance et réactivité pour les réparations de fuites, entretien et renouvellement du réseau.
Cependant, pour garantir la pertinence et l’efficacité de ces actions, il est nécessaire d’améliorer la connaissance des pertes.
Quelle est la part des volumes de pertes sur les différentes composantes du réseau (canalisations, branchements) ? Est-ce que les fuites, et les pertes qu’elles génèrent, sont majoritairement détectables, et doivent par conséquent être encore plus traquées, ou bien indétectables ? Ces questions ne trouvent de réponse précise ni sur le territoire de la Régie ni ailleurs en France.
Afin d’éclairer les choix de la Régie et maximiser les chances d’atteindre les objectifs de performance fixés, un projet de recherche a été initié pour déterminer l’origine des pertes et les quantifier.
Le projet
Les mesures réalisées in situ ou sur banc d’essai permettront :
- de décomposer le volume de pertes sur un sous-réseau de taille réduite ;
- d’établir des ratios de pertes pour chaque typologie de fuite.
Le secteur d’étude est le quartier Malartic à Gradignan et comprend 11 km de réseau.
Un dispositif mobile de mesure des pertes développé spécifiquement pour cet usage permet, moyennant de nombreuses manipulations de vannes sur le réseau, de mesurer le débit de fuite et de l’affecter aux canalisations et aux branchements.
Des cuves installées dans la remorque alimentent les fuites des portions de réseau préalablement isolées. Une mesure du débit est effectuée en sortie. La précision de la mesure est de l’ordre de 1L/h et chaque zone de mesure couvrent en moyenne un linéaire de 450 m de canalisations.
En complément de ces mesures directes sur le réseau, une recherche de fuites par une méthode acoustique traditionnelle est menée sur l’intégralité du linéaire de réseau du secteur afin de différentier les fuites détectables de celles qui ne le sont pas. Ainsi, le débit de fuite est intégralement décomposé.
Cette approche est complétée par des mesures sur banc d’essai du débit de fuite de branchements fuyards. 100 branchements seront prélevés lors de réparations de fuite. Ils seront ensuite « montés » un à un dans un caisson qui permet de mesurer le débit de fuite dans des conditions de pression contrôlées. Il est attendu de ces mesures l’établissement d’une plage de débit associée à chaque typologie de fuites.
Ce projet est mené avec l’ambition d’étendre ces résultats à l’ensemble du réseau pour apprécier plus globalement les pertes et déterminer au mieux les orientations de gestion patrimoniale du réseau.
Partenaire et durée
Le projet se déroule sur 3 années (2025-2027) pour permettre la consolidation des mesures et le suivi de l’évolution potentielle de certains débits de fuite.
Les mesures sont réalisées par INRAE, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, avec lequel la Régie a conclu une convention cadre de recherche. L’implication des équipes d’exploitation réseau de la Régie est nécessaire pour la connaissance fine du réseau, les manœuvres de vannes ainsi que les prélèvements de matériel.